La Journée de l'allusion

(8 Mars 2015)

Après la Journée sans portable, la Journée sans voiture, la Journée sans tabac, la Journée sans achats, la Journée de la jeunesse, la Journée de la gentillesse… voici venue la Journée de la Femme. Encore une de ces Journées de l'allusion, dépourvue de toute solution. Une Journée de LA Femme officialisée par les Nations Unies, proclamant l'égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine à l'échelle internationale. Une Journée créée pour éradiquer le sexisme et pour reconsidérer chaque année les inégalités entre hommes et femmes, quasiment analogues et inchangées.

Photographie Pam Méliee Sioux. Modèle Béa.

En réalisant un rapide tour d'horizon, on peut s'apercevoir que cette mascarade s'est globalisée aux quatre coins du monde. En Italie, le brin de mimosa est à l'honneur ; en Bulgarie, les hommes concèdent un bouquet de fleurs à leurs collègues, leurs mères ou leurs femmes ; en Arménie, le 8 mars marque le premier jour d'un mois entier dédié aux femmes et au cours duquel on leur offre des cadeaux. D'heureux rituels à peine clichés, qui voilent tout de même quelques obstacles, car brins de mimosa, bouquets de fleurs ou cadeaux, les principales concernées témoigneront qu'il ne suffit pas d'insinuer pour rendre justice, de sous-entendre pour combattre, de suggérer pour aboutir à des résultats visibles et concrets.

 

Nous connaissons trop ce débat. Nous ressassons trop ces mêmes questions. Combien y a-t-il de femmes à l'Assemblée ? La mixité est-elle respectée dans tous les métiers ? Où en sont les violences conjugales ? Et l'image de la femme dans les médias ? Évidemment, il y a dans ces réponses chiffrées matière à s'indigner, car force est de constater que les femmes gagnent toujours en moyenne 9 % de moins que les hommes pour un même travail (soit en moyenne 1865 euros net par mois, contre 2312 euros pour les hommes) du fait que deux facteurs principaux freinent leurs carrières : les interruptions liées à la maternité et les temps partiels (à 73 % occupés par des femmes). Mais faut-il seulement s'indigner ? Faut-il seulement montrer un visage offusqué et proférer une poignée de mots outrés ? Après toutes ces années, la femme est encore subordonnée à l'homme et astreinte à des lois qui ont presque toujours été élaborées sans elle.

 

Depuis combien de temps attendons-nous des perspectives nouvelles pour LES femmes ? « Rien n'est acquis, tout est à prendre », reprenons ces slogans, reprenons la parole. Écrivons des journaux vivants et subversifs. Résistons beaucoup, obéissons moins. Agissons et combattons pour nos droits.

 

 

- Pam Méliee Sioux

mars 2015

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