Clara Malaterre sort son nouveau clip
« San Francisco »

Le morceau « San Francisco » est la première escale du nouvel EP de Clara Malaterre, intitulé « Points Cardinaux ». Un carnet de voyage musical et intime à paraître le 17 septembre sur toutes les plateformes.

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Illustration de « San Francisco » (livret du disque) réalisée par Céleste

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Photo de Christian Lambin

Tout à la fois disque, carnet de voyage et recueil de souvenirs, le deuxième EP de Clara Malaterre (cinq titres en français), intitulé « Points Cardinaux », est un espace de mémoire matérialisé par un assemblage libre de mots, de sons, d’images, d’engagements et d’incitation à confronter le rêve et l’expérience. La quintessence de ce résultat et pièce maîtresse de ce nouvel EP étant le morceau « San Francisco ».

 

 

« San Francisco », première escale psychédélique

« San Francisco » est la première escale psychédélique des « Points Cardinaux ». Le morceau, véritable montée en puissance, nous transporte dans les seventies et nous permet de retrouver ce vent de liberté qui nous manque tant depuis le début de cette pandémie. « C’est un EP voyageur », explique la chanteuse et guitariste Clara Malaterre. « Certaines compo étaient jouées bien avant la pandémie. Elles n’étaient pas du tout liées au Covid, et pourtant elles sortent dans un contexte où on ne peut plus vraiment voyager… Cela résonne de manière assez curieuse ! » Clara Malaterre y revendique la célébration de la vie, de l’amour et du rassemblement. « Cette chanson est née grâce à un voyage initiatique aux Etats-Unis que j’ai fait en 2014. Je l’ai vécu pour la partie à San Francisco et la visite du Castro comme une sorte de pèlerinage. Il s’agissait aussi d’un grand voyage d’amour, le premier avec “mon” épouse (qui ne l’était pas encore à l’époque). C’est donc une chanson très personnelle qui prend racine dans un souvenir initime, mais également un hommage/femmage à toutes les personnes LGBT+ qui ont lutté et qui continuent à San Francisco. J’ai été profondément touchée par le film sur Harvey Milk (2009, Gus Van Sant), ce morceau est également une manière de lui rendre hommage, une manière de remercier toutes ces personnes car je sais combien je leur dois (les droits que j’ai à present, etc. ). Dans le clip, on peut également voir de jeunes hommes. Je me demande souvent combien sont morts décimés par le SIDA à peine quelques années après le tournage de ces images. » 

 

Un clip qui célèbre le mois des Fiertés

Ce morceau à la fois intime, personnel et de l’ordre de la communauté, est sublimé par les archives de Charles Roseberry. Le réalisateur américain a tourné ces précieuses images durant de nombreuses Pride à San Francisco entre les années 1970 et 1980. « C’est un clip pour lequel j’étais heureuse d’avoir échangé avec Ron Williams, ami et ayant droit de Charles Roseberry, et qu’il me donne son autorisation pour réaliser cette vidéo », raconte Clara Malaterre. « Il y a une belle spontanéité et je suis très touchée quand je regarde ces images juste avant la crise du SIDA. On voit les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, les esthétiques drag… Je voulais apporter ma pierre à l’édifice pour faire dialoguer, mettre en lumière ce qui a compté. » Le voyage dans le temps est effectué en bonne compagnie.

 

Clara Malaterre ravive avec une certaine élégance les années 70 en accompagnant le morceau « San Francisco » de magnifiques mélodies et d’une bonne dose d’adelphité. Une réussite. On ne peut que vous inviter à découvrir le clip… Le Castor a déjà ajouté le morceau dans sa playlist pour la Pride 2021 !

 

Supplément Interview

Le Castor Magazine - Est-ce que tu peux te présenter pour celleux qui ne te connaissent pas ?

Clara Malaterre - Je suis chanteuse et guitariste, j’insiste beaucoup sur ce double aspect. Depuis fin 2017, je prends du temps pour mes chansons folk. Je suis inspirée par la folk des Etats-Unis et d’Angleterre, par la culture du songwriting. J’ai joué en solo la plupart du temps, notamment dans des lieux non-adaptés, disparates, chez les gens, dans des jardins… J’aime beaucoup les concerts en acoustique sans aucune amplification. Cela a façonné mon son et la façon dont je joue de la guitare. Du coup sur scène, c’est assez dépouillé jusqu’à présent, je laisse beaucoup d’espace. Au contraire, ce deuxième EP est très dense et il y a des invité·e·s. Comme si le studio était un espace des possibles…

Quelles sont tes influences ?

Il y a la musique de Joni Mitchell, très bavarde et si intrigante. J’aime beaucoup les choix qu’elle a fait, ses arrangements. Celle des années 70, avec sa voix aiguë, et celle de la fin des années 70, accompagnée de jazzmen, celle des années 2000 avec sa voix si profonde de fumeuse. Il y a Björk, le puits, la source ! J’y reviens systématiquement, je la redécouvre toujours. J’apprécie le fait qu’elle fasse passer ses envies artistiques avant des envies marketing ou consensuelles. J’aime aussi le rock progressif, le rock psychédélique comme celui des Pink Floyd. En France, il y a Camille qui m’a marquée au fer rouge, ou -M-. Mais si je devais ne garder qu’une chanteuse, ce serait la chanteuse de jazz américaine Ella Fitzgerald.

 

Qu’as-tu voulu apporter de différent dans « Points Cardinaux » par rapport à ton premier EP « Portraits » paru début 2018 ?

 

Sur le fond, il s’agit d’un diptyque. Ces deux disques mettent en voix ce qui nous façonne. Qu’est-ce qu’on a dans sa besace, qu’est-ce qui fait qu’on est soi ? Le premier EP parle des autres : de ceux et celles qui nous font, et ce deuxième EP parle de l’ailleurs : ce qui nous fait (les lieux qui nous façonnent - en soi ou parce qu’il y a eu un événement). Je pense que beaucoup de personnes peuvent s’identifier à mon « je », relativement souple quand il intervient.

Sur la forme, j’ai travaillé autrement. Je voulais combiner quelque chose de brut et de très léché.

Quels instruments utilises-tu ?

Ma voix et la guitare principalement, mais j’ai aussi une belle collection d’instruments comme un dulcimer, une mandoline d’Irelande, un banjo des Etats-Unis, une batterie…

Pour ce deuxième EP, j’ai utilisé diverses percussions comme un cajón, une batterie, une kalimba, mais aussi une guitare douze cordes et une shruti box.

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Pochette de « Points Cardinaux » réalisée par Céleste

Tu chantes en français. Pourquoi ce choix ?

Il faut maîtriser la langue pour jouer avec. J’ai envie qu’on me comprenne. Il y a donc la question de l’écriture, celle de la prononciation, et la question du pourquoi… Ce n’est pas ma langue. J’écris par touches d’aquarelles, comme des évocations. Les paroles sont sur le livret de l’EP, elles sont sur mon site, sous les vidéos, dans cette optique que les gens puissent les lire, qu’il y ait cette accessibilité de la langue.

 

Ton EP sort le 17 septembre. Comment sera-t-il distribué ?

L’EP sera distribué à prix libre, de la main à la main, comme le premier ! Il sera aussi disponible en version numérique sur toutes les plateformes et en accès libre sur Youtube. J’espère que des médiathèques me l’achèteront, comme le premier, car j’aime beaucoup ce rapport à la gratuité, le fait de pouvoir l’emprunter.

 

Le concert de sortie sera le 8 octobre en trio à la Manufacture Chanson (75011 Paris).

Plus d'infos : https://claramalaterre.com

Article et propos recueillis par Pam Méliee

Juin 2021