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© 2014

El Mimo, Daniela Carrasco

Daniela Carrasco, connue sous le nom de la « Mimo » (la mime), a été retrouvée pendue, à Santiago du Chili, le 20 octobre 2019. Visage maculé de blanc, nez de clown, et costume de saltimbanque, cette artiste de rue et militante pacifique avait trente-six ans. Elle était l’une des figures emblématiques de la contestation chilienne, depuis le début du mouvement social contre les disparités socio-économiques, lancé le mois d’octobre dernier. Le « Chile desperto » (réveil chilien) dénonce en effet le coût des services publics, mais aussi les abus de pouvoir et la violation des droits humains, à commencer par les viols et autres agressions contre les femmes, faisant face à une répression virulente.

Pour le moment, cette affaire demeure mystérieuse et confuse. Les policiers ont affirmé qu’il s’agissait d’un suicide, mais de nombreuses associations et manifestant.e.s, comme la section chilienne du collectif « Ni una di meno » (pas une de moins), parlent d’un féminicide d’état. L'association affirme que la mime a été « violée, torturée », puis « tuée », et « montrée comme un trophée, en guide d’avertissement à tou.te.s les autres ». Le collectif d’avocates chiliennes ABOFEM a publié un message sur les réseaux sociaux visant à dénoncer les « fausses informations » qui ont circulé sur l’affaire. Elles révèlent que Daniela a laissé une lettre expliquant les raisons d’un suicide éventuel, et qu’aucun signe évident de torture ou d’agression sexuelle n’a été trouvé. L’enquête visant à clarifier les circonstances de sa mort est toujours en cours.

Dessin : Kova

Janvier 2020