Je suis Charlie, Castor à plume

Mercredi 7 janvier 2015, vers 11h30, la rédaction de "Charlie Hebdo" a été décimée. La presse libre a porté l'odeur de l'agonie et semé des gouttes de sang. Mais le bruit de nos plumes, le déclic de nos appareils photos, sont plus forts que celui des balles.

Le "Castor" errant aux syllabes de rêve publie aujourd'hui vos dessins, collages, textes et photographies, parfums de résistance, quelques fois gonflés de larmes, et porte encore la plume dans la plaie.

Les mots tombent comme des larmes. "Je suis Charlie, Castor à plume". Un dessin de Béa.

Lotus et bouche cousue. "Fleuricide". Photographie avec Pam Méliee Sioux et ses fleurs de coton.

Paris en mille morceaux. La presse libre à l'agonie. Les visages crient. C'est le grand va-et-vient devant les kiosques à journaux. Les Chiens de Garde aboient et pointent leurs stylos vers le ciel, au nom de la "liberté d'expression". Les mots refleuriront après un long silence. Liberté PRESSE.

"Prose Sélavy OSE Porter la plume dans la plaie". Deux dessins de Pam Méliee Sioux.

Mots funambules. Lettres froissées. Immense brasier. L'azur s'est consumé, les nuages fument encore. Je suis Charlie. Castor vagabond, j'écris et j'oublie le vague à l'âme : Prose, c'est la vie ! Liberté PRESSE.

 

Pam Méliee Sioux.

 

La brume sur les yeux. Notre envoyé spécial à Athènes, Blueman.

« Pas de mot »

 

Devant tant d’horreur, je reste muet. J’ai pris cette photo parce que j’étais choqué – et je le suis encore. Ça m’a paru nécessaire, normal, évident même. Mais, à vrai dire, je ne suis pas habitué au flot ininterrompu de nouvelles tragiques, au débordement d’émotions, de commentaires hâtifs de gens trop sûrs d’eux-mêmes : il faut condamner ces attentats, il faut être pour la liberté d’expression, il faut marcher ensemble, il faut croire en l’unité, il faut blâmer, dénoncer les extrémismes et surtout il faut prendre position, écrire deux pages de réflexion, s’indigner. J’exprime le droit de ne rien dire, de ne pas pleurer, de me mettre à l’écart de la psychose qui noie le pays, le désir de fuir. Et c’est tout.

 

Blueman.

A Toulouse, Place du Capitole, un visage souffle de la lumière. Photographie : Claire De La Plaza.

Exorciser les ombres avec des crayons. "Faites l'Art, pas la guerre". Un dessin de Gigi.

"Où est Charlie ?... Même pas mort !" Un dessin d'Albert.

Pour certains, la route s'en va mélancoliquement... Pour d'autres, les dessins fusent, les textes illuminent les pages. Merci à vous tous, les crayons à la main, qui avez su chasser l'orage de poussière et respirer à pleins poumons. Merci pour vos couleurs et vos lignes d'horizon. Castors à plume, flamboyants !

 

Le Castor est un magazine participatif ! Vous avez des questions ? Des suggestions d'articles ? Contactez-nous !

 

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