Le deuxième sexe dans les médias d’information 

 

 « Les femmes lisent plus que les hommes », sauf dans le cas de la presse quotidienne. Un constat peu étonnant dans la mesure où les femmes demeurent sous-représentées, lorsque le sexe masculin occupe, lui,  92% de l’espace médiatique français. 

 

 

 

Invisibilité des femmes et stéréotypes de genre 

 

Ce qui choque Le Castor, c’est la faible place accordée aux femmes dans les médias d’information. L’étude publiée par le journal L’Humanité dans le numéro du 17 février 2006, recouvrant les médias de 76 pays, révèle des femmes fantomatiques, au visage absent, muselé. Ces médias d’information, lieux et intermédiaires où la société est censée s’interroger sur elle-même, permettent donc exclusivement aux hommes de s’exprimer et de communiquer à autrui cette expression. Car contre 79% de faits et gestes masculins relayés, seulement 21% des sujets sont consacrés aux femmes et sont construits autour de thématiques stéréotypées : relations familiales, violences à caractère sexiste où les femmes sont représentées en victimes anonymes, sujets people ou en rapport avec l’éducation. Loin derrière apparaissent les sujets en rapport avec les arts, la politique, l’économie et le domaine scientifique, où les femmes sont les plus mal représentées. 

« Seins Esprit », ©2014 pam-meliee-sioux

 

 

Cette domination masculine et ce phénomène d’oppression idéologique n’ont aucune légitimité. Ils bafouent les droits des femmes et marginalisent celles-ci de manière à les rendre politiquement et socialement inexistantes. Représentées comme inactives et « sans profession » alors que 77% d’entre elles travaillent et que 50% d’entre elles sont étudiantes, la distorsion entre la réalité et l’image relayée par les médias est flagrante. La vérité est facilement étouffée dans ces médias qui fixent des références faussées. Quels que soient les pays, l’information désinforme : machiste et graveleuse, elle se décline presque essentiellement au masculin.  

 

Un journalisme malsain, conçu par et pour les hommes 

 

Le 2 mars 2014, le Manifeste publié par le collectif de femmes journalistes « Prenons la une ! » insiste sur la faible présence d’intervenantes et d’expertes dans les médias : « Dans les émissions de débat et les colonnes des journaux, les femmes ne représentent que 18 % des experts invités. Les autres femmes interviewées sont trop souvent présentées comme de simples témoins ou victimes, sans leur nom de famille ni leur profession ». Le Manifeste s’insurge également contre une situation inégale au sein des rédactions : « Plus on monte dans la hiérarchie, moins on trouve de femmes (…) Plus de 7  directeurs  de rédaction sur 10 sont des hommes ».  

 

La domination masculine demeure donc ancrée dans la presse d’information. Derrière les potiches Marie Drucker et Claire Chazal, qui semblent se multiplier à l’antenne et s’imposer à l’écran, une forte précarisation du métier règne chez la plupart des femmes journalistes. Ce sont ces bas salaires, ces insultes de sexisme ordinaire, qu’il s’agit précisément de dissimuler par cette poignée de présentatrices vedettes qui disparaîtront des écrans des grandes chaînes dès qu’elles n’opèreront plus leur « devoir de séduction ». Car les chiennes de garde sont des Illusions Nécessaires au brushing impeccable, qui propagent une idéologie machiste dans les médias d’information et veillent à perpétuer une situation injuste où leurs consœurs, elles, véritables journalistes, peinent à se hisser dans la hiérarchie et à obtenir un salaire digne de leur travail. 

« Pas de Blabla », ©2014 pam-meliee-sioux 

 

 

Journalisme et féminisme : une Fronde pour Le Castor 

 

Nos médias, véritables institutions phallocrates disposant des pouvoirs économique et culturel, politique et symbolique, propagent une information machiste et mensongère, des valeurs idéologiques illégitimes, qu’il faut tenter d’identifier et d’abattre, pour faire valoir les droits des femmes, ainsi que des peuples à être informés. Pour déconstruire ces images des femmes façonnées par les hommes, distorsions de la réalité dans lesquelles les médias sont hautement impliqués, Le Castor, partisan du féminisme et de la lutte des classes, se propose humblement de construire des barrages contre la désinformation : articles, dessins, photographies et beauvoirismes, pour ne pas sombrer dans l’inaction. Restez dans le coin !

 

 

- Pam Méliee Sioux

   septembre 2014

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